Vivre et s'orienter en temps de crises (CIO 28)
Par Jacques Vauloup le dimanche 24 février 2013, 06:13 - Anthroposcènes - Lien permanent
"La crise s'est installée, avec son cortège de catastrophes sociales et économiques", écrit Christophe Rymarski dans l'introduction du dossier n°245 de février 2013 que la revue Sciences Humaines consacre à Vivre en temps de crise. Il ajoute : "Les images diffusées à satiété renvoient toutes à la pauvreté, à la précarité, au déclassement. Des images qui ont réussi à coloniser l'imaginaire des Français, qui ne sont, dans leur grande majorité, pas directement touchés. Mais les situations dramatiques et bien réelles de près de 8,5 millions de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté conduisent à se demander : et si demain, c'était mon cas ? Que puis-je faire ?
(...) Une nouvelle manière d'envisager l'avenir se fait-elle jour ? Certainement, si l'on regarde les jeunes générations. Elevés à l'école de la flexibilité, ils développent de grandes capacités d'adaptation. Ils semblent être à même de s'emparer des atouts de la société pour s'adapter aux difficultés contemporaines. De fait, pour certains, la crise peut aussi susciter une énergie créatrice." (...) Et Christophe Rymarski conclut : "Malgré ses effets dévastateurs, la crise peut alors aussi être envisagée comme un moment de réflexion qui pousse chacun à se positionner, à réaffirmer et à clarifier ses valeurs" (pages 28-29).
Retours vivifiants sur Le Mans 2010
Avec le thème Conseiller en temps de crises et d'incertitudes, c'est cette thématique qu'avait choisie l'ACOP-France en organisant ses 59èmes journées nationales d'études au Mans en septembre 2010.
On y entendit notamment :
- la forte conférence inaugurale de Jean Guichard : Qu'est-ce que s'orienter aujourd'hui ? ;
- Gudborg Vihjalmsdottir, une conseillère islandaise, dans : Réagir à la crie, le rôle des conseillers d'orientation ;
- le rôle majeur de la notion de sérendipité pour comprendre et penser le monde qui est et qui vient ;
- le rôle des contes et de la littérature, avec François Flahault dans : S'orienter en tirant parti de l'imprévu ;
- Christian Heslon, la décentration nécessaire de l'avenir et la centration indispensable sur le devenir : Cultiver sa disposition à devenir ;
- Catherine Henri, professeure, écrivaine, fille de Pierre Henri ancien directeur de CIO au Mans dans : Fatum et Kairos ;
- Annick Soubaï, conseillère d'orientation-psychologue, directrice du CIO de Nanterre, dans : Orienter dans l'incertitude, mission impossible ?
- et le vaillant, détonant, tonitruant, brillant et émouvant Alexandre Lhotellier, grand témoin du tenir conseil ;
En temps de crises et d'incertitudes, il nous faut réinventer l'orientation, il nous faut réorienter l'orientation.
Ce fera l'objet d'un prochain billet.