Chaque matin, à 5h30, Jackson, jeune Kenyan de 11 ans, creuse le sol dans le lit de la rivière asséchée pour boire, faire sa toilette et laver son linge ; il ramène ensuite trois bidons d'eau à la case familiale. Puis, il est temps de partir à l'école à pied, malgré les dangers, à travers la savane des grands fauves, avec la responsabilité de sa sœur Salomé, 9 ans. L'école est située à 16 km de là (oui, vous avez bien lu…) et Jackson tient par-dessus tout à arriver à l'heure car c'est lui qui, aujourd'hui, est chargé du lever aux couleurs. Une bonne partie du trajet se fait en courant. Finalement, Jackson et Salomé arrivent à l'heure.

Zahira, jeune Marocaine de 12 ans habitant le Haut-Atlas, a une journée exténuante de marche pour aller rejoindre l'internat avec ses deux amies. Sa grand-mère : Ne fais pas comme nous, apprends et tu seras instruite. Son père : Dans la vie, il n'y a rien de plus important que l'école. Dans son cabas, elle emmène une poule vivante qu'elle échangera en échange de nourriture au marché du village.

Carlos, jeune Chilien patagon de 11 ans, fils de gaucho éleveur d'ovins dans la pampa, parcourt chaque jour, matin et soir, les 18 kms qui séparent la hacienda de l'école juché sur un cheval, sa jeune sœur assise derrière lui.

Chaque jour, Samuel, jeune Indien rural de 13 ans, enfant pauvre habitant le golfe du Bengale, et qui a perdu l'usage de ses jambes, parcourt, pendant plus d'une heure à chaque trajet, les 4 km qui le séparent de l'école dans un fauteuil roulant rouillé tiré par l'un de ses frères et poussé par l'autre. Une expédition ! Il faut voir l'accueil joyeux et enthousiaste que lui font ses camarades de classe à son arrivée !

On demeure ébahi devant la volonté sans faille des parents de ces quatre enfants ruraux. Dans leur dénuement et leur pauvreté, ils accordent une telle importance à l'école ! On reste stupéfait devant la confiance qu'ils accordent à des enfants si jeunes dans leurs longs, fatigants et dangereux déplacements quotidiens. On loue la maturité, la responsabilité et l'enthousiasme de ces bambins. On salue le sérieux et le sens du service public de ces instituteurs du bout du monde, totalement démunis de moyens mais la foi en la connaissance et en l'éducation chevillée au cœur. Pourtant une lueur nous questionne : ces images ne seraient-elles pas embellies, euphémisées ? Samuel : Quand je serai grand, je voudrais avoir une bonne situation, faire quelque chose de bien ; d'habitude, on n'envoie pas les enfants comme moi à l'école ; j'ai trop de chance d'être là. On arrive sur terre avec rien, et quand on meurt, on emporte rien ; on ne doit jamais l'oublier. Plus tard, quand je serai instruit, je changerai d'école et je continuerai à apprendre. Zahira : Quand je serai grande, je voudrais être médecin, aider les personnes malades, les gens démunis ; et, surtout, que les filles continuent à étudier. Tout au long de ce magnifique film-documentaire, on a envie d'y croire avec eux, pour eux.