Zone 30, ville apaisée
Par Jacques Vauloup le samedi 29 août 2020, 04:19 - Vélorution - Lien permanent
Doubler le nombre de kilomètres de rues en zone piétonne, section/zone 30 ou zone de rencontre afin d'assurer une meilleure sécurité des piétons et cyclistes, diminuer les nuisances sonores, décarboniser les villes : un objectif désormais partagé par nombre d'équipes d'élu.e.s dans les villes françaises. Ainsi renforce-t-on la sécurité de tous les usagers de la ville les plus vulnérables : piétons et cyclistes.
À Nantes, certains axes accueillant des lignes structurantes de transport en commun ainsi que d'autres voies de flux automobile intense ne sont pas concernés par ce changement. Fin décembre 2019, 43 % des voies de la ville étaient en zone apaisée
. Avec les nouveaux axes qui passent en zone 30 km/h le 31 août, le pourcentage de voirie apaisée
atteint plus de 80 %, soit plus de 600 km : zones 30, sections 30, zones de rencontre, aires piétonnes. Le passage de Nantes en zone 30 km/h sera évalué par les habitants via un temps d’évaluation citoyenne.
Si les villes françaises, les unes après les autres, accentuent la limitation de la vitesse à 30 km/h en ville, c'est qu'elles n'ont plus véritablement le choix. Tellement pratique, devenue si indispensable tant on aura privilégié l'étalement urbain dans les stratégies de développement et d'aménagement des villes, la fée automobile
pollue, fait du bruit, coûte très cher au contribuable en aménagements (routes, autoroutes, parkings, giratoires, places de stationnement, etc.). Et, last but not least, elle contribue, au même titre que la fée écran
, au désapprentissage de gestes et pratiques de circulation ancestraux (marcher), multicentenaires (utiliser le transport en commun) ou plus que centenaires (prendre un vélo) qui, accessoirement, bénéficient à la santé.
Toutefois, comme l'a bien exprimé le dessinateur de BD Didier Tronchet dans Le Monde du 15-17 août, le cycliste et le trottineur électrique (tellement mode) n'ont pas tous les droits en ville. Participer activement à la construction et au maintien d'une ville apaisée, c'est laisser au garage la volonté de conquête et retrouver les vertus pacifiques du vélo de curé. Arrogants, coupés du monde, shootés à la testostérone, irrespectueux et dangereux pour les cyclistes pacifiques et les piétons, les mâles dominants fous du guidon devront réapprendre le code de la route et le code du cycliste. Et faire acte de civilité, d'éducation et de civisme. Didier Tronchet : Rouler en ville n’est pas un combat de cerfs ni un concours d’anatomie masculine dans une cour de récréation. C’est même exactement l’inverse : la bicyclette, dans sa modestie mécanique, est la recherche de la lenteur qui finalement va plus vite, la grâce en mouvement et la fluidité de l’esprit qui vole
.
Pour une ville apaisée