Chasser les nuages noirs
Par Jacques Vauloup le mardi 2 février 2021, 03:37 - Allo j'écoute... - Lien permanent
Dans son Dictionnaire amoureux de l'enfance et de l'adolescence, le psychiatre Marcel Ruffo raconte qu'un jour, en consultation, un enfant de 9 ans lui dit, sans plus d'apprêt : En fait, vous êtes un chasseur de nuages noirs
. Ce sont rarement les enfants qui appellent les plateformes téléphoniques d'aide personnelle en ligne. Mais très souvent des adultes qui ont des nuages noirs d'enfance à chasser.
− Je suis très souffrant. J'essaie d'écrire ce qui m'est arrivé, mais c'est difficile. J'ai passé mon enfance chez les Témoins de Jéhovah, ce qui a pourri ma vie. J'étais lobotomisé.
(Homme, environ 45 ans)
− Je vais mieux depuis quelque temps. Enfant, j'avais des parents alcooliques et maltraitants.
(Femme, 39 ans)
− Est-ce que j'ai le droit d'avoir un petit moment de sérénité dans ma vie ? Ma jeunesse et mon enfance reviennent la nuit. J'ai subi, subi, subi...
(Femme, environ 55 ans)
− Je suis un étudiant marocain confiné en Master 2 à Paris depuis 3 mois et demie où je ne connais personne. Je survis, totalement isolé devant mon ordinateur au 14è étage d'un foyer étudiant. La nuit, mes souffrances d'enfance remontent : viol, enfant battu.
(Homme, 28 ans)
− Je suis un enfant de la DASS. comme mes trois frères et ma soeur. À 9 ans, on m'a enlevé d'une famille d'accueil où j'étais bien : pourquoi ? Et je suis tombé dans une famille d'accueil où ma nourrice, alcoolique elle aussi, me tabassait, me tabassait... Parmi mes nombreux problèmes de santé, on m'a étiqueté schizophrène. Moi, je ne suis jamais allé à l'école, si, seulement six mois entre 9 et 10 ans. Comment j'ai fait pour apprendre à parler, moi ? Je ne savais pas lire, je suis monté dans le grenier et j'ai appris à lire avec Gédéon, Pif, Mickey... Si j'étais ministre de l'éducation, je mettrais l'école obligatoire tous les jours, même le dimanche
(Homme, 51 ans)
Ces propos véridiques ont été entendus par l'auteur du blog en écoute nocturne à SOS Amitié en janvier 2021, dans le strict respect de l'anonymat dû aux appelant.e.s. Ci-dessous, cinq services téléphoniques gratuits d'aide et d'assistance psychologique (hors les numéros d'urgence professionnels POMPIERS 18 ou 112, GENDARMERIE ou POLICE 17, SAMU 15) :
SOS Amitié. 24h/24, 365j/365. Depuis 1960, SOS Amitié propose une écoute gratuite, bienveillante, anonyme, confidentielle. Les écoutants.e.s bénévoles sont formé.e.s aux principes et à la pratique d'une écoute empathique, congruente, respectueuse de toutes les situations personnelles, de toutes les opinions religieuses, politiques, éducatives, sexuelles, etc. Reconnue d'utilité publique, SOS Amitié est soutenue par le ministère des solidarités et de la santé et par les agences régionales de santé. Ses écoutant.e.s bénéficient d'une supervision exercée par des psychologues qualifi.é.e.s. Attention ! Plusieurs lignes téléphoniques payantes aux appellations voisines se sont déployées sur Internet (ceci ne constitue en aucun cas un jugement de valeur sur leur compétence). Vu la charge qui lui incombe, SOS Amitié recrute en permanence des écoutantes et écoutants. Contact : Devenir écoutant.e bénévole chez SOS Amitié.
Nightline France. Tous les jours de 21h à 2h30 du matin. Pour le moment implantée à Paris, Saclay, Lille, et Lyon, et en plein développement en France, Nightline est une ligne d'écoute spécifiquement dédiée aux étudiant.e.s. Les écoutant.e.s sont eux-mêmes des étudiant.e.s bénévoles formé.e.s aux principes mis en oeuvre chez SOS Amitié : gratuité, confidentialité, anonymat, respect, empathie, attention inconditionnelle, congruence.
0800 130 000 : Plateforme nationale COVID19. 24h/24, 365j/365
119 : Allo enfance en danger. 24h/24, 365j/365
3919 : Violence femmes info. Du lundi au samedi de 9h à 19h