François Damas écoute les patients.

Il les écoute et mesure leur détermination, leur degré de lassitude et, point essentiel, la manière dont ils ont préparé leurs proches à leur décision d'en finir. Chaque mot compte. Chaque silence parle.

Nombre d'entre eux viennent de France. L'euthanasie active n'y est pas autorisée et aucun projet de légiférer en ce sens n'apparaît aujourd'hui au Parlement ni à l'Élysée.

Qu'est-ce que j'en veux à mon pays de ne pas le faire... Que ce soit les médecins et les politiques, j'ai honte pour eux... s'exclame un Français sexagénaire très digne, ancien directeur technique de théâtre, atteint de sclérose en plaques au stade très avancé. Il souffre en permanence. On suivra jusqu'au bout, à distance respectueuse, son cheminement vers la mort.

Comme la France ne fait pas partie des pays qui autorisent l'euthanasie active − Belgique, Canada, Pays-Bas, Colombie, Suisse, Luxembourg, Espagne (2021), les Françaises et Français vont consulter dans les pays voisins qui ont légiféré en ce sens.

Les mots qu'il faut

Le dialogue franc, confiant, profond, entre les patients qui ont choisi de mourir et le médecin chargé de délivrer, ou non, un avis favorable, est filmé sans apprêt. Quel que soit l'avis qu'il rend, le docteur Damas montre aux patients que leur détresse a été entendue.

On assiste aux réunions interdisciplinaires des médecins avant qu'ils ne prennent collégialement leurs décisions. Faut-il accéder aux demandes de patients dont la maladie est mal prise en charge en France ? Quid des personnes âgées qui en viennent à souhaiter la mort car la société les considère comme inutiles ?

Un médecin écoutant et une équipe soignante d'une écoute et d'une empathie rares. Des patients français parfois en colère contre leur pays où le droit de demander l'euthanasie n'existe pas. À la fin du documentaire, le docteur Damas rend visite à la mère d'une jeune femme de 24 ans qu'il a euthanasiée à sa demande. Dialogue essentiel, intense, lucide, émouvant. Il craque devant la caméra. Merci, François Damas, pour votre humanité.

Pour aller plus loin

Association pour le droit de mourir dans la dignité. L’association milite pour que chaque Français.e puisse choisir les conditions de sa propre fin de vie. D'après elle, environ 90% des Français sont favorables à l'euthanasie active.

Loi 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie (dite loi Leonetti, France)

Ce mot a été amodié le 26 septembre 2022

N'hésitez pas à discuter ce mot et à écrire un commentaire, si vous le souhaitez.