D'après l'enquête bienvenue de Pascale Kremer dans Le Monde du 9 septembre 2022, l’association Mâcon Vélo en Ville expérimente le vélobus, un transport scolaire à vélo encadré par des bénévoles ou des parents.

Pour l’école, la ligne « Buzz l’éclair » dessert les arrêts « Woody », « Pile-Poil », « Zurg » et « M. Patate ». Depuis 2009, c’est en pédibus que se déplace une vingtaine d’élèves de Marolles-en-Brie, aux confins périurbains du Val-de-Marne. Trois lignes serpentant entre quartiers pavillonnaires et centre-bourg, des horaires précis de passage, des parents, affublés de fluo, qui se relaient pour accompagner et le cortège peut cheminer, de bon matin, jusqu’aux portails des écoles maternelle et élémentaire. Le parcours le plus long est de 1,2 kilomètre et dure une demi-heure.

« Les enfants marchent tranquillement, observe la sexagénaire, ils voient les arbres fleurir dans les jardins, ils s’aperçoivent que la pluie n’est pas un problème, ils arrivent éveillés et heureux en classe. Cela redonne vie aux rues, certains grands-parents se mobilisent pour encadrer, d’autres saluent les enfants qui passent, l’entraide se développe entre les plus petits et les grands du cortège. Et cela donne l’exemple aux autres parents ! »

Quelles mobilités veut-on pour les enfants et les ados ?

Veut-on fabriquer des enfants et des ados scotchés sur leurs écrans dans leur chambre ou bien les faire bouger ?

Veut-on altérer leurs capacités physiques pour la vie entière ou bien les aider à construire un esprit sain dans un corps sain ?

Veut-on brider leur autonomie ou bien la favoriser ?

Veut-on les condamner à l'assistance électrique et à l'immobilité dangereuse d'une trottinette ou bien leur apprendre tout le bienfait que le cycliste (sans assistance électrique) tire de ses sorties ?

Car il va bien falloir choisir. Le vélo, comme la marche, c'est normal ! Et quotidien.

Savez-vous que, pour l'ensemble des écoliers, collégiens et lycéens, la marche ne concerne aujourd'hui qu'un trajet scolaire sur 4, et le vélo 1 sur 30, alors que, à la fin des années 1980, presque 60 % des enfants se rendaient à leur établissement scolaire à pied ou à vélo ? Les mobilités actives s’effondrent de manière inversement proportionnelle à la montée exponentielle de l'anxiété parentale... Aux Pays-Bas, en 2021, 76% des ados utilisent leur vélo pour se rendre à l'école. Distance moyenne : 6 km.

En France, les enfants ne font plus de vélo ! Cela devrait faire réagir les parents, les associations, les élus, les pouvoirs publics !

L’agence de l'environnement et de la transition écologique (Ademe) a publié le 10 septembre le rapport « Encourager et accompagner la pratique cyclable des collégiens et des lycéens », qui fournit un ensemble de préconisations, dont celles-ci :

- Sécuriser l’accès à l’établissement scolaire (en améliorant les pistes cyclables, en apaisant la circulation).

- Déployer des plans de déplacement des établissements scolaires.

- Sensibiliser les élèves et les parents d’élèves au vélo comme mode de déplacement à part entière.

- Former les élèves de 6e, notamment, à la maniabilité avec des mises en situation.

- Enseigner le contrôle, la maintenance et la réparation des vélos dans les cursus scolaires.

- Aider les élèves à s’équiper de vélos en bon état.

- Installer des stationnements sécurisés dans les établissements, ainsi que des stations de réparation-gonflage des vélos, et organiser des vérifications annuelles des bicyclettes.

- Prévoir des visites de quartier, sorties, voyages et défis à vélo.

- Nommer et former un référent mobilité cyclable dans chaque établissement.

- Ne pas négliger l’usage du vélo à assistance électrique chez les ados.

Dans ce rapport, l’Ademe insiste : « Développer l’usage du vélo comme mode de déplacement auprès des élèves du secondaire est un enjeu de santé majeur ».

Fermer les abords des écoles et des collèges aux autos lors des heures d'entrée et de sortie des classes... Réduire les vitesses de circulation des autos et véhicules motorisés... Revoir et agrandir les cheminements piétons et cyclables, avec des pistes protégées, assez larges pour qu’un parent roule aux côtés de son enfant... Former les parents et les enfants à des parcours d'initiation cycliste... Initier aux gestes mécaniques de première nécessité dans le cadre scolaire... Attribuer des missions aux écoliers sur le chemin de l'école à vélo... Créer des vélothèques dans les mairies permettant l'emprunt gratuit...

La loi sur les mobilités de décembre 2019 a prévu un programme (Savoir rouler à vélo) de dix heures de formation, dans la cour puis dans l’espace public, pour tous les écoliers et ce, avant les Jeux olympiques de Paris-2024. Objectif irréalisable, selon la Fédération des usagers de la bicyclette qui déplore le peu de moyens et de volonté politique... Les ados à vélo ! Pieux slogan utopique ou objectif public prioritaire ?

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