Dernier lieu : le cimetière
Par Jacques Vauloup le mardi 11 avril 2023, 04:41 - S'orienter − Devenir - Lien permanent
Cimetières et librairies sont les derniers endroits civilisés
(Christian Bobin, 1951-2022, Les différentes régions du ciel, Quarto Gallimard, 2022). À cause du silence qui y règne.
Dans Le sens de la marche (Gallimard, 1990, page 180), Jacques Réda (1929- ) brosse un avis plus nuancé sur l'art funéraire des cimetières :
Le peu d'attrait que j'ai toujours eu pour les cimetières / S'explique évidemment par leur abusive laideur / Bien sûr je suis sensible au rappel de nos fins dernières / Qui me plonge parfois dans la détresse ou la stupeur /
Mais ces monuments avortés, ces meubles funéraires / Le chic même (un peu swing) qu'on donne à présent aux tombeaux / M'indisposent comme une injure à la pure et sévère / Mort qui voudrait un minimum de marbres et de mots /
Parmi les parcs américains et les jardins arabes / Les stricts alignements qu'on voit dans la Somme, à Verdun / On lui rend cette dignité qu'avilit le macabre / Entassement pavillonnaire où logent nos défunts.
Pour aller plus loin
Faudot Marc (2023), Les cimetières, des lieux de vie et d'histoires inattendues, Armand Colin
Gallot B. (2024), La vie secrète d'un cimetière, Collection proche − Benoît Gallot est, depuis 2018, le conservateur du cimetière du Père-Lachaise à Paris.
Ce mot a été amodié le 7 mai et le 8 novembre 2023, puis le 1er novembre et le 17 décembre 2024