Stéréotypes genrés vivaces, hélas
Par Jacques Vauloup le vendredi 19 juillet 2024, 05:50 - S'orienter − Devenir - Lien permanent
D'après l'enquête annuelle de la DREES sur la perception des inégalités, réalisée sur un échantillon de 4 000 personnes, seulement 48% des hommes Français rejettent les stéréotypes de genre pris dans leur ensemble, notamment les poncifs liés au soin apporté aux autres. L’adhésion aux stéréotypes de genre est plus forte parmi les hommes âgés, les immigrés et les personnes ayant une pratique religieuse.
À l’inverse, 58% des femmes et les personnes diplômées du supérieur sont surreprésentées parmi les personnes qui les rejettent. L’étude confirme aussi l’inégale répartition des tâches domestiques au sein des couples, d’autant plus marquée qu’il y a adhérence aux stéréotypes de genre.
Quel que soit le degré d’adhésion aux représentations stéréotypées, l’idée que les filles ont autant l’esprit scientifique que les garçons fait très largement consensus dans l’ensemble de la population.
En parallèle, certains stéréotypes de genre sont très ancrés : une majorité de personnes adhèrent à l’idée que les mères savent mieux s’occuper des enfants que les pères.
Stéréotypes de genre encore très ancrés chez les hommes
Être un homme, avoir plus de 65 ans, avoir une pratique religieuse régulière, être immigré, être peu ou pas diplômé : tous ces facteurs augmentent la probabilité de consentir aux stéréotypes de genre.
Le niveau de revenu joue en sens contraire de celui du diplôme : alors que les diplômés du supérieur sont surreprésentés parmi les personnes qui rejettent ces représentations, les plus élevés sur l’échelle de niveau de vie sont plus susceptibles d’adhérer à certains stéréotypes (à diplômes, professions et autres caractéristiques sociodémographiques donnés), en particulier ceux concernant de supposées différences d’aptitudes professionnelles entre hommes et femmes.
Répartition des tâches domestiques en défaveur des femmes
Le Baromètre de la DREES met également en lumière la persistance d’une inégalité forte dans les couples : 54 % des femmes déclarent qu’elles prennent majoritairement elles-mêmes en charge les tâches ménagères (courses, ménage et linge) contre 7 % seulement des hommes.
Cet écart entre hommes et femmes est presque aussi élevé concernant les activités consacrées aux enfants (repas, loisirs, éducation) : 46 % des femmes déclarent les faire majoritairement elles-mêmes plutôt que leur partenaire, contre 6 % des hommes. Stéréotypes et pratiques domestiques apparaissent corrélés : plus les personnes adhèrent aux stéréotypes de genre, moins elles déclarent un partage égalitaire dans leur couple. ■

L'étude dans son intégralité :
La direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) est le service statistique ministériel spécialisé dans les domaines de la santé et du social.
Pour aller plus loin :