À l’inverse, 58% des femmes et les personnes diplômées du supérieur sont surreprésentées parmi les personnes qui les rejettent. L’étude confirme aussi l’inégale répartition des tâches domestiques au sein des couples, d’autant plus marquée qu’il y a adhérence aux stéréotypes de genre.

Quel que soit le degré d’adhésion aux représentations stéréotypées, l’idée que les filles ont autant l’esprit scientifique que les garçons fait très largement consensus dans l’ensemble de la population.

En parallèle, certains stéréotypes de genre sont très ancrés : une majorité de personnes adhèrent à l’idée que les mères savent mieux s’occuper des enfants que les pères.

Stéréotypes de genre encore très ancrés chez les hommes

Être un homme, avoir plus de 65 ans, avoir une pratique religieuse régulière, être immigré, être peu ou pas diplômé : tous ces facteurs augmentent la probabilité de consentir aux stéréotypes de genre.

Le niveau de revenu joue en sens contraire de celui du diplôme : alors que les diplômés du supérieur sont surreprésentés parmi les personnes qui rejettent ces représentations, les plus élevés sur l’échelle de niveau de vie sont plus susceptibles d’adhérer à certains stéréotypes (à diplômes, professions et autres caractéristiques sociodémographiques donnés), en particulier ceux concernant de supposées différences d’aptitudes professionnelles entre hommes et femmes.

Répartition des tâches domestiques en défaveur des femmes

Le Baromètre de la DREES met également en lumière la persistance d’une inégalité forte dans les couples : 54 % des femmes déclarent qu’elles prennent majoritairement elles-mêmes en charge les tâches ménagères (courses, ménage et linge) contre 7 % seulement des hommes.

Cet écart entre hommes et femmes est presque aussi élevé concernant les activités consacrées aux enfants (repas, loisirs, éducation) : 46 % des femmes déclarent les faire majoritairement elles-mêmes plutôt que leur partenaire, contre 6 % des hommes. Stéréotypes et pratiques domestiques apparaissent corrélés : plus les personnes adhèrent aux stéréotypes de genre, moins elles déclarent un partage égalitaire dans leur couple. ■

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L'étude dans son intégralité :

DREES, Des stéréotypes de genre encore très ancrés, notamment chez les hommes, Études et résultats, n° 1294, février 2024

La direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) est le service statistique ministériel spécialisé dans les domaines de la santé et du social.

Pour aller plus loin :

Observatoire des inégalités : Femmes et Hommes

Centre Hubertine Auclert, centre francilien pour l'égalité femmes-hommes et la lutte contre les violences faites aux femmes

D'après les données diffusées par le ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse (MENJ) en mai 2024, la réforme du lycée instituée en France à partir de 2019, qui a supprimé les anciennes filières S, L et ES au prétexte de les dégenrer, n'a pas fourni, loin s'en faut, les effets escomptés. Les filles choisissent en effet davantage que les garçons les spécialités les orientant vers les métiers de la santé, les humanités, les arts, la littérature et les langues. Quant aux garçons, ils privilégient les fIlières scientifiques et, à défaut, économiques. Par exemple, la part de filles est de 35 % pour la combinaison « mathématiques, physique-chimie » et, à l'opposé, de 86 % pour « humanités, littérature et philosophie, langues littérature et cultures étrangères et régionales ». Rien de bien nouveau, en somme.