Quoi qu'on dépensât

Quoi qu'on payât

Quel qu'en fût le prix

Quoi qu'on distribuât

Quoi qu'on engageât

Quoi qu'on entreprît

Quoi qu'on promît

Quoi qu'on donnât

Quoi qu'on enclenchât

Quoi qu'on agît

Quoi qu'on décidât

Quoi qu'on avantageât

Quoi qu'on priorisât

Quoi qu'on gaspillât

Quoi qu'on valorisât

Quoi qu'on favorisât

Quoi qu'on attirât

Quoi qu'on fît

Quoi qu'on occasionnât

Quoi qu'on pesât

Quoi qu'on prît

Quoi qu'on entamât

Quoi qu'on entreprît

Quoi qu'on provoquât

Quoi qu'on suscitât

Quoi qu'il valût

Quoi qu'il fallût

Quoi qu'il nous en coûtât ●

Printemps 2020, Printemps 2025. Cinq après, ce pourtant riche pays d'Europe de l'Ouest, déjà lourdement endetté, a creusé une dette abyssale sans demander en contrepartie aux plus riches des siens un minimum de solidarité. Et là où il devrait emprunter pour investir en l'avenir, il emprunte pour rembourser une dette publique insondable (1). Une fois redéfini le périmètre de l'État régalien (l'enfance et l'éducation, la santé, la sécurité intérieure et extérieure...), peut-être le moment serait-il venu de demander aux concitoyens les plus riches − ce qui ne se limite pas aux ultra-riches − de dire s'ils accepteraient de contribuer à la survie des services publics. Au risque, si tel n'est pas le cas, d'un délitement aggravé et d'une privatisation accélérée desdits services publics. Au risque, si tel n'est pas le cas, de l'affaiblissement de l'État régalien protecteur, régulateur et médiateur. Choisir l'État ou la société civile pour assurer les services régaliens ? Depuis Georg Wilhem Friedrich Hegel (1770-1831) prolongé par Eric Weil (1904-1977), un débat toujours de brûlante actualité.

(1) En 2024, la dette publique de la France représente 114% du produit intérieur brut (PIB) et le déficit public 5,8% du PIB (soit +2,8% par rapport au plafond imposé par l'Union européenne).

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