S'orienter à l'ère anthropocène

Au début du XXe siècle, lorsque des travailleurs sociaux et des théoriciens créérent la profession de conseiller d’orientation professionnelle, ils débattirent de sa finalité. Tous considéraient que son objectif immédiat était d’aider les personnes à trouver des professions ou des métiers qui leur convenaient. Mais, quelle en était la finalité ? Certains spécialistes pensaient que l’orientation professionnelle devait simplement accroître l’efficacité économique des sociétés industrielles. La plupart des commentateurs affirmèrent cependant que sa finalité était de contribuer au mouvement progressiste en favorisant la construction de sociétés, non seulement plus productives, mais à la fois plus riches et socialement plus justes. Les interventions d’aide à l’orientation évoluèrent au cours du XXe siècle en relation avec les transformations des organisations du travail et des approches scientifiques des sujets humains. Elles visent désormais à accompagner les réflexions que les personnes — travaillant dans des organisations flexibles et vivant dans des sociétés "liquides" d’individus — doivent conduire pour orienter leur vie professionnelle. Mais ces interventions ont-elles toujours pour finalité d’améliorer le bien commun de l'humanité ? Si oui, comment peuvent-elles contribuer au développement d'un travail décent dans une économie mondiale durable et équitable ?

Les actes du colloque ont été publiés en janvier 2018 chez Lharmattan sous le titre S'orienter dans un monde en mouvement, direction Francis Danvers.