éducation, développement et apprentissages (EDA) et dans la spécialité éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle (EDO). Elle prévoit un modèle de dossier d'évaluation et de titularisation propre à ces stagiaires.

Modalités et grilles d'évaluation

Conformément aux dispositions de l'article 5 de l'arrêté du 23 août 2017, le jury de titularisation évalue l'aptitude professionnelle du stagiaire et valide son parcours de formation sur le fondement du référentiel de compétences prévu par l'arrêté du 26 avril 2017, et au vu des éléments suivants :

1° Avis de l'inspecteur de l'éducation nationale ou du directeur de centre d'information et d'orientation :

- Pour les stagiaires issus de la spécialité EDA : avis de l'inspecteur de l'éducation nationale désigné par le recteur, établi à partir de la grille d'évaluation « EDA » fixée en annexe, après la consultation du rapport du tuteur désigné par le recteur pour accompagner le stagiaire lors de sa période de mise en situation professionnelle en école ou en RASED ;

- Pour les stagiaires issus de la spécialité EDO : avis du directeur de centre d'information et d'orientation, établi à partir de la grille d'évaluation EDO fixée en annexe, après consultation du rapport de stage du tuteur désigné par le recteur pour accompagner le fonctionnaire stagiaire pendant sa période de mise en situation professionnelle en CIO ou en EPLE. Le rapport du tuteur doit retracer l'évolution de la pratique du stagiaire et souligner la dynamique des progrès réalisés, dans le cadre fixé par le référentiel de compétences.

2° Ces avis sont complétés, pour les stagiaires de chacune des spécialités EDA et EDO, par l'avis du directeur de l'ESPE, qui intervient au terme de l'année de formation, en lien avec le responsable de la formation. Cet avis tient compte de l'implication du stagiaire dans la formation et des compétences acquises par ce dernier ainsi que de son écrit professionnel réflexif dont les objectifs sont définis à l'annexe de l'arrêté du 23 août 2017.

Oubli ou déni ?

Ainsi donc, le ministère de l'éducation nationale considère l'avis d'un inspecteur compétent désigné par le recteur indispensable pour la titularisation des psychologues du premier degré et totalement inutile pour les psychologues du second degré, puisque, à aucun moment, ni dans le texte principal de la note de service ni dans la grille d'évaluation annexée à cette note, on ne nomme les inspecteurs de l'éducation nationale compétents en orientation. Est-ce un oubli ou un déni ? Si oubli il y a, il sera toujours temps pour le ministère de se reprendre. S'il s'agit au contraire d'un déni, la chose sera plus malaisée. Pourquoi le ministère considérerait-t-il qu'au contraire de tous leurs collègues des premier et second degrés, seul.e.s les inspecteurs et inspectrices en orientation n'auraient aucune compétence dans la titularisation des stagiaires ? Pourquoi évacuerait-il tout rôle des dits inspecteurs dans la formation initiale des psychologues du second degré, et donc des politiques d'orientation qu'ils sont censés mettre en oeuvre ensemble au nom des recteurs ? Pourquoi, plutôt qu'inciter ses inspecteurs à une extrême vigilance, le ministère lancerait-il ainsi un mauvais signal aux inspecteurs et inspectrices en orientation en cautionnant leur irresponsabilité près des jeunes psychologues du second degré qui sont pourtant, avec les centres d'information et d'orientation (CIO) et les établissements scolaires, depuis le début des années 1970, leurs plus fidèles alliés ? Au fond, horresco referens, depuis belle lurette, les inspectrices et inspecteurs en orientation n'exercent-ils pas leur métier sans s'occuper vraiment - ou si peu - des psychologues (ex-conseillers d'orientation-psychologues) et en ayant tout bonnement délégué leur responsabilité propre aux directeurs et directrices de CIO ? Cette situation aura probablement bien arrangé autant les directeurs des services départementaux de l'éducation nationale préoccupés de tirer le maximum de profit de la polyvalence des inspecteurs en orientation en en faisant leurs factotums que nombre d'inspecteurs en orientation plus occupés à bien se placer et à faire carrière là-où-il-faut-être qu'à faire un travail de terrain discret, exigeant, quotidien...

P.S. Rédacteur de ce billet, j'ai exercé sans discontinuer la profession d'inspecteur en orientation à l'éducation nationale du 1er septembre 1987 au 30 septembre 2017, soit pendant trente ans et un mois. Dans mes différents postes et missions, en étroite intelligence avec les directeurs de CIO et les chefs d'établissement, j'aurai effectué des milliers de kilomètres pour visiter les conseillères et conseillers d'orientation-psychologues contractuel.l.e.s, stagiaires et néo-titulaires en CIO, en établissement scolaire, dans les forums des formations et des métiers, dans les visites et les stages en entreprise. Bref, là où ils.elles travaillaient. Mais aussi : écrit et remis des centaines de rapports de visites ou d'inspection aux jeunes entrant dans la profession, reçu de nombreux jeunes, construit et mis en oeuvre des dispositifs de formation à leur intention, assuré de nombreuses journées de formation, publié dix éditions annuelles du Guide néo-cop/Guide néo-psy, préparé des centaines de jeunes aux concours de recrutement, participé aux jurys de concours, etc. En cela, rien d'exceptionnel. J'aurai seulement tenu à coeur d'exercer le même métier que mes collègues inspectrices et inspecteurs des premier et second degrés, mais évidemment, dans un champ différent dénommé l'orientation soclaire et professionnelle. Rien de plus, rien de moins. Mais le métier aurait-il changé ? Et me serais-je trompé à ce point pendant trois décennies ?