Les 5 bonnes raisons de fonder au plus vite une seule association de psychologues à l'éducation nationale

1. L'application, jusque dans la vie associative unifiée, du décret n°2017-120 du 1er février 2017 créant un corps unique de psychologues de l'éducation nationale n'a pas eu lieu et, à ce jour, on ne voit pas l'ouverture qui permettrait de l'envisager dès 2018. Transformer les actuelles Association française des psychologues de l'éducation nationale (AFPEN) et Association des conseillères et conseillers d'orientation de France (ACOP-France) en une et une seule association des psychologues de l'éducation nationale est une nécessité. Effet attendu : un renforcement de l'ensemble des psychologues et des services rendus par la psychologie près des écoliers, des collégiens, des lycéens, des étudiants, mais aussi des groupes, des organisations et des institutions qui les scolarisent et les socialisent.

2. La création d'une et une seule association de psychologues de l'éducation nationale permettra de dépasser la complainte nostalgique du c'était mieux avant (d'abord, est-ce si vrai ?) et, parfois, les bobos des égos. Elle montrera que, de l'intérieur même de la corporation des psychologues de l'éducation nationale, nous pouvons et savons jouer collectif. Effet attendu : voir plus loin que l'éternel recours à un passé mythifié en inventant et en prenant en mains, nous aussi, ensemble, notre avenir commun. Et ainsi construire un (et un seul) service de psychologie et de psychologues à l'éducation nationale.

3. La clinique psychologique de l'enfant et la clinique de l'adolescent sont aujourd'hui artificiellement dissociées à l'école. Pour la première fois depuis plus de cinquante ans, nous avons l'opportunité de les réunir. Effet attendu : retrouver le fil du développement de l'enfant, jusqu'à l'adolescence et l'âge adulte.

4. Plus largement encore, un renforcement et un enrichissement indéniables des pratiques réflexives communes aux psychologues de l'enfance et de l'adolescence réunis proviendront de cette fusion indispensable. Effets attendus : des journées annuelles d'études communes, une formation continue commune dans les académies, une revue commune, un site Internet commun, des prises de position communes, des actions nouvelles aussi, qui restent à inventer. Bref, une reconnaissance accrue de l'ensemble des psychologues de l'éducation nationale.

5. Le moment actuel est celui d'où pourrait émerger une distinction plus claire entre l'orientation à court terme, d'ajustement ou d'adaptation, proche des besoins économiques transférée, selon le choix gouvernemental, aux Régions de France et l'orientation au long cours, de fond, au plus près des personnes en devenir, pronominale, que nous avons appelée "S'orienter en temps de crises et d'incertitudes" (Congrès ACOP-France, Le Mans, 2010). Effet attendu : sortir de la confusion actuelle qui trompe les usagers et empêche les psychologues de l'éducation nationale d'exercer totalement, pleinement, décemment leur métier.

Mes chères et chers collègues psychologues, n'est-ce pas, au fond, une occasion à saisir ?