Ce troisième tome présente, à travers des exemples fort convaincants, {l'enfer des règles absurdes}}ainsi que les causes profondes de l'inflation et de la perversion normatives, mais aussi les pièges relationnels et incompréhensions délétères et parfois même létales dues aux langues elles-mêmes, au langage et au défaut de verbalisation. Pour y remédier, il prône, là aussi avec moult exemples, la valorisation de la compétence augmentée de chacun plutôt que l'inflation des normes, ainsi qu'une coopération hautement fiable basée sur la collégialité, l'expertise de terrain, le débat contradictoire, l'attention à l'avis minoritaire.

Extrait, page 142 : Dans les organisations, la faible verbalisation ou l'absence de verbalisation entre les acteurs engagés dans une coopération sont un phénomène beaucoup plus répandu qu'on ne pourrait le croire. La pente naturelle est de se parler peu. Les causes en sont multiples : exécution réflexe des tâches, volonté d'agir vite, sentiment que la verbalisation n'est pas nécessaire car chacun sait ce qu'il a à faire en réponse à l'action d'autrui, peur d'exprimer un avis personnel surtout si l'autre est le supérieur hiérarchique, réticence à se mettre en avant, connaissance mutuelle profonde permettant de se coordonner sans se parler. C'est une source importante et sous-estimée de risques.

Un ouvrage aussi passionnant que les deux précédemment publiés par Christian Morel. Il ouvre à de nombreuses et très utiles applications au bureau, dans l'atelier, dans le travail associatif. Bref, dans toutes les équipes au travail et en projet. Les trois tomes forment un tout indispensable au lecteur soucieux du bien-être au travail et de l'efficacité des organisations ordinaires. Ils mettent en exergue l'importance des dysfonctionnements humains, souvent sous-estimés, alors que les dysfonctionnements techniques sont la plupart du temps sur-estimés.