La « grève scolaire pour sauver le climat », mouvement écologiste dont Greta Thunberg est à l’origine, se structure et se développe, y compris en France.

Que nous disent les jeunes en marche pour sauver le climat et la planète ?

Il faut laisser les énergies carbonées dans le sol... Les pauvres et la planète entière subissent de plein fouet la pléonexie, l'hubris et le goût du luxe d'une minorité d'êtres humains... Dans les pays développés, les générations des parents et grands-parents actuels ont pillé la planète et obscurci les chances, pour les générations futures de tous les pays, à commencer par les plus vulnérables, de vivre dans un monde habitable... Mais aussi, dans leur langage propre : « Je sèche comme le climat »... « On est plus chaud, plus chaud que le climat »... « Il faut vous le dire comment ? »... « Les élus seront soit les pires lâches, soit les premiers héros ! »... « Il n’est plus temps d’attendre »... « Et 1, et 2, et 3 degrés, c’est un crime contre l’humanité ! »... « Mais pourquoi les jeunes devraient-ils étudier et préparer leur avenir si personne ne fait quoi que ce soit pour assurer cet avenir ? » (Greta Thunberg)

Certes, on pourra gloser sur le caractère pour le moment limité du nombre de manifestants, sur la récupération politicienne (à droite et à gauche) du mouvement, ou sur les limites d'une démocratie de la rue... Mais ne voit-on pas que les femmes et les adolescentes sont à la pointe de cette lutte vitale, remplies d’une énergie communicative et joyeuse ? Mais ne voit-on pas que ce mouvement interpelle directement et sine die le monde adulte, parents, enseignants, politiques, dans leur mission fondatrice, civilisatrice, émancipatrice ? A quoi bon apprendre si l'avenir n'est pas assuré ? Que vais-je devenir dans un avenir mal engagé ? Mais aussi, côté profs : qu'enseigner face à un futur compromis ? Et côté parents : comment et à quoi éduquer ses enfants dans un monde fini ? On le voit, avec Greta Thunberg, dans une action non-violente et solidaire, la jeunesse du monde a décidé de prendre en mains son destin, le vieux monde ayant failli. Elle a besoin de toute notre considéra(c)tion et de notre entière confiance. Car le mouvement n'en est qu'à ses débuts ! Soigner l'inhumain chez les humains, et, pour commencer, chez l'inhumain qui est en moi : quoi de plus beau et de plus nécessaire en effet ? C'est maintenant.

Ce billet a été modifié le 21 avril 2019 à 14h55

Sur le sujet, on peut voir aussi

Les générations futures en grève pour la planète, France culture, 7 mars 2019

Cahiers pédagogiques, 26 février 2019

Cette génération ressent la finitude du monde, interview de la sociologue Cécile Van de Velde, Le Monde, 19 avril 2019