avancer dans la création d’imaginaires de la diversité, (...) pour ne pas renoncer à changer le monde ou du moins son lien au monde où il y aurait une place pour chacun et pour tous ». (source : Le Monde, 17 août 2016).

Parmi les huit actions concrètes préconisées dans ma note du 5 juillet 2017, annexée à ce billet, celles-ci :

Affecter un.e ou deux psychologues à la direction académique. But visé : améliorer la prise en charge des élèves en décrochage, en souffrance psychique : désinvestissement, harcèlement, phobie, absentéisme aggravé, etc.

Intégrer deux psychologues à la cellule d’urgence médico-psychologique départementale. But visé : renforcer la synergie du binôme Infirmier/Assistante sociale (ou, selon les cas, du trinôme Infirmier/Assistante sociale/Médecin).

Préciser les missions cliniques et les missions psychopédagogiques des psychologues de l'éducation nationale via l’élaboration de protocoles d'action. But visé : déflouter l’activité et la visibilité des professionnels de la psychologie du conseil en orientation.

Constituer un conseil local CIO-RASED* par bassin d’éducation et de formation. But visé : Se donner des objets de travail communs, sur la durée. Les réguler, les coordonner, les évaluer. Se former ensemble.

Pour l'heure en effet, dix-huit mois après la création du corps unique de psychologues de l’éducation nationale, ils.elles restent rattachés, comme avant, à des services différents, les uns (1er degré) au RASED, les autres (2d degré) au CIO. Si leurs nouvelles missions, parues en avril 2017, renforcent et reconnaissent leurs compétences psychologiques antérieures et brossent le cadre d’une clinique individuelle et collective de la psychologie en contexte scolaire, aucune réorganisation des anciens RASED et CIO dans un service unique n'est envisagée en 2018 ou 2019. Autant dire, jamais. Pire encore, le ministère de l'éducation nationale annonce de nouveaux coups de sabre dans la carte nationale des CIO, déjà largement réduite à peau de chagrin, et le rattachement prochain des psychologues du second degré aux établissements scolaires. Veut-on vraiment d'une seule association de psychologues et d'un service unique de psychologie et de psychologues à l'éducation nationale ? De plus, est-il sérieux de prétendre que l’apprentissage indispensable par tout élève, par tout apprenti, par tout étudiant, par tout adulte de la capacité à s'autoréférencer, à s’orienter tout au long de la vie pourra être atteint par le développement de l’Internet et des plateformes publiques d'information en ligne, le foisonnement d’officines privées mercantiles de « coaching » ou de « consulting » ou encore en demandant aux professeurs d’assurer le travail dévolu aux psychologues ? Il est grand temps d’attribuer aux CIO et aux RASED - ou au service unique qui s'y substituera en regroupant personnels et services concernés - d'abord et avant tout une vision, puis une reconnaissance et, last but not least, des moyens humains et de fonctionnement décents. Ils n’en seront que plus efficaces encore au service des délicates missions qui leur sont allouées et qu’ils remplissent avec loyauté, intelligence, compétence et dévouement depuis des décennies. En prend-on le pli ?

CIO : Centre d'information et d'orientation

RASED : Réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté

PALINGÉNÉSIE (déf.) : retour périodique, renaissance ou résurrection après une mort apparente ; transformation profonde et salutaire d'un individu ou d'un groupe d'individus qui s'apparente à une totale renaissance. Étymol. et Hist.1. 1546 «action de renaître, retour à la vie après un état de mort réelle ou apparente» (RABELAIS, Tiers Livre, XVIII, 61, éd. M. A. Screech, p.135); 2. 1827 «renaissance des êtres ou des sociétés, conçue comme source d'évolution et de perfectionnement» (BALLANCHE, Essai de palingénésie sociale titre); 3. 1842 «retour périodique éternel des mêmes événements» (Ac. Compl.). Empr. au lat. palingenesia «action de renaître», gr. «id.; renaissance périodique de l'univers (chez les Stoïciens)», comp. de «de nouveau» et de - de «création, naissance». Fréq. abs. littér.: 149. (Source : Trésor informatisé de la langue française)