Professeur de lettres classiques, Roger Gal (1906-1966) fut militant de l'Education nouvelle, expérimentateur des classes d'orientation du ministre assassiné Jean Zay en 1937-1939, membre actif de la commission Langevin-Wallon à la Libération.

Cet ouvrage fondamental, nous dit Pierre Joulia dans sa préface, a été terminé dans l'enthousiasme des mois qui ont suivi la Libération, et dans la fièvre de renouvellement qui s'empara alors des esprits. Et ce, dans un pays qui se heurtait alors de plein fouet à l'immensité des tâches et des difficultés − ne serait-ce que matérielles, et pas seulement en éducation.

Ce programme d'éducation et d'orientation résolument et largement humaniste et démocratique a largement inspiré le plan Langevin-Walllon à la Libération ainsi que certaines des politiques éducatives publiques depuis près de 75 ans désormais. Humanisme dans tous ses états : scientifique, technique, ouvrier et paysan, reliant les Classiques et les Modernes. D'après Roger Gal et ses amis de la commission Langevin-Wallon, un enseignement bien compris devrait nous délivrer de l'encyclopédisme et ouvrir les élèves, à partir de disciplines communes, à toute la riche diversité de l'humaine condition.

TABLE DES MATIÈRES

Préface par Pierre Joulia (p. 5)

Préface à la nouvelle édition (p. 7-9)

Chapitre I : La nécessité historique de l'orientation (p. 10-17)

Chapitre II : L'orientation et le problème de la culture (P. 18-23)

Chapitre III : La nécessité pédagogique et psychologique de l'Orientation (p. 24-35)

Chapitre IV : Les transformations scolaires exigées par l'Orientation (p. 36-49)

Chapitre V : Les techniques de l'Orientation scolaire (p. 50-60)

Conclusions (p. 61-62)

C'est probablement la première fois, et l'une des toutes dernières, qu'en langue française, à un moment-clé de l'histoire de France et de l'histoire du monde, un ouvrage propose, et avec quel souffle !, une refonte entière, simultanée, de l'éducation et de l'orientation. Car, en effet, Roger Gal et ses amis avaient vu de façon prémonitoire que la démocratie qui (re)naîtrait dans l'immédiat après-Guerre aurait besoin d'une nouvelle Ecole, plus démocratique, plus juste, plus respectueuse des subjectivités, reliant Classiques et Modernes, terre d'accueil d'un plus grand nombre de jeunes Françaises et Français. Rappelons qu'en 1950, 5% d'une génération obtinrent le baccalauréat, et qu'à cette époque, ni le baccalauréat technique (création en 1966), ni le baccalauréat professionnel (création en 1985) n'existaient. Et Gal avait vu aussi, à la suite de Jean Zay, que, pour avoir des chances de réussir un tel projet éducatif, il faudrait de l'Orientation dans le moteur de l'Education, l'une et l'autre intimement, intrinsèquement liées (Gal utilise souvent la majuscule dans Orientation, c'est dire en quelle estime il la portait). Rappelons encore que la commission Langevin-Wallon, qui s'est largement inspirée de l'ouvrage de Roger Gal, aura préconisé la prolongation de l'âge de l'instruction obligatoire de 14 ans à l'époque (ministre Zay, 1936) à l'âge de 18 ans. Et c'est par l'ordonnance du 6 janvier 1959 (ministre Berthoin) que le général de Gaulle la portera à 16 ans. En 2019, alors que les taux de scolarisation en France sont de 97,5% à l'âge de 3 ans, de 100% à 4 ans, de 100% à 5 ans, mais aussi de 94,3% à 16 ans et de seulement 78% à l'âge de 18 ans, c'est avant 6 ans et non après 16 ans que le gouvernement Philippe/Blanquer décide d'avancer l'âge de l'instruction obligatoire... Cherchez l'erreur, ou plutôt les lobbies de l'enseignement confessionnel... Au secours, Roger Gal ! Reviens nous apporter ce souffle, cet enthousiasme, cette vision de l'Education et de l'Orientation aujourd'hui totalement oubliés...

Ce billet a été corrigé et mis à jour le 15 mars 2019 à 18h.