Il faut dire qu'à Montréal, le réseau vélo est majoritairement entretenu toute l’année : la ville déneige les trois-quarts du réseau de pistes cyclables. Et sans conteste le projet de voie cyclable sécuritaire de 184 km qui sera entièrement déneigé saura également attirer ceux qui étaient jusqu’alors réticents à rouler sur les pistes douze mois par an.

Au fond, et les municipalités françaises nettement moins enneigées et parfois bien embrumées pourraient bien s'en inspirer, entretenir quelle que soit la météo les réseaux cyclables constitue un facilitateur des déplacements à vélo, même l'hiver. Et n'importe quel cycliste du quotidien vous dira sans ambages qu'il craint plus la pluie et les glissades sur sol mouillé, gras et sale que le froid et le gel. Essayez et vous verrez !

Fous mais pas téméraires pour un sou

Vous connaissez le « fatbike » ? Le vélo à pneus surdimensionnés, que l'on voit curieusement sur route normale en France prend toute sa place sur revêtement enneigé ou verglacé, ce qui suppose que les pouvoirs publics dament la neige sur des pistes ad hoc, comme on le fait dans les stations de ski et sur les pistes de ski de fond. On voit là, au passage, le grand intérêt du vélo en montagne comme alternative au ski dans les années prochaines. Et l'assistance électrique développe les capacités de déplacement quand la pente s'élève...

En attendant, les magasins de vélos ont été dévalisés pour Noël 2020 et on craint une pénurie. En effet, beaucoup de Français envisagent de glisser un vélo au pied du sapin, mais risquent d’être déçus à cause de la nouvelle passion hexagonale pour la bicyclette, car le marché du vélo peine à suivre la cadence et de nombreux magasins sont en rupture de stock. On pourra toujours se rabattre sur le marché de l'occasion et sur les structures associatives qui réparent et vendent des vélos en bon état et à bon marché.