Et, rien que pour cet extrait, je vous recommande la lecture de l'article dans son entièreté :

Un parcours comme le vôtre serait-il encore possible aujourd’hui ?

Je dis oui. En tout cas, c’est souhaitable que ce soit possible. La volonté, le désir, c’est toujours un moteur. Il faut encourager les jeunes. Je dis aux enfants qu’ils doivent être ambitieux, qu’il ne faut pas se limiter à ce qu’on connait. Si on a une idée, une révélation de quelque chose qui vous plait, c’est précieux, comme une rencontre amoureuse, il faut suivre ce chemin. Il faut y consacrer du temps, du travail, de la persévérance, ne pas croire que ça va être facile. (...) Moi, j’ai rejoint mes rêves d’enfance d’expéditions par des chemins détournés. Il faut trouver un métier, et avec son métier, on peut être explorateur. On a besoin de plombiers partout. À la base antarctique Dumont-d’Urville, il y a tous les corps de métier. Je suis un adepte de la formation professionnelle. Un enfant en 3ème a une énergie colossale, il faut le mettre sur quelque chose qui lui plaît, sinon c’est du gâchis, parce qu’à cet âge, on se décourage. Il ne faut pas tuer le talent, l’ambition. La formation professionnelle est une voie de réussite, on trouve du boulot partout et on est bien payé. Ce n’est pas une voie de sauvetage, mais une voie d’émancipation. Il faut convaincre les parents et faire toucher le manuel aux enfants très tôt.

Jean-Louis Étienne Propos recueillis par Cécile Blanchard et Jean-Michel Zakhartchouk

NDLR : L'occasion pour moi de saluer le travail militant foncier du professeur de français Jean-Michel Zakhartchouk près des Cahiers pédagogiques, ce, depuis des années.Il fut notre invité au Mans Le 31 mars 2010 à l'occasion de la journée d'études Diversifier en classe entière au collège (cf. pp. 13-20 : Comment prendre en compte tous les élèves à l'école).

Pour aller plus loin

Galerie des "inspirateurs" sur le site personnel de Jean-Louis Etienne